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Brame : le coup de gueule des cerfs !

D 12 octobre 2011     H 13:56     A Jean Le Blanc     C 1 messages


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Le brame : un mystérieux témoignage de ce que la nature a de plus sauvage… mais pour combien de temps encore ?

Ce bruit roque venu du fond des bois est devenu depuis quelques années un attrait touristique d’ampleur à Alleyras. Cette effervescence touristique est largement visible à la tombée de la nuit le long des routes communales du 10 septembre au 10 octobre. Des minibus venus de tout le département font même le déplacement pour observer le phénomène. Quel potentiel touristique intéressant serait cette affluence si elle ne se caractérisait pas par une modification progressive du cycle de reproduction des cervidés à échelle locale. (Cet article n’a aucune prétention scientifique).

Il y a encore quelques années les cerfs pouvaient être observés très facilement depuis n’importe quel point d’observation. Bien sûr la discrétion était indispensable pour espérer apercevoir les majestueux cerfs. Aujourd’hui, biches et cerfs sortent de plus en plus tard et ne viennent plus aux endroits habituels.

Les lieux de reproduction trop exposés aux « voyeurs » seraient-ils désertés ? Pourquoi un tel changement d’habitude aujourd’hui ? Peut-être est-ce le fait d’une certaine pudeur de la part des biches et cerfs qui ne souhaitent pas être observés durant le rut, mais j’en doute.

A mon avis, il y a une toute autre raison, bien plus plausible. Les visiteurs ont oublié que les cerfs et biches sont des animaux sauvages dotés d’un instinct remarquable. Pique-nique au milieu du champ où sont sensées apparaître les bêtes, bruits de moteurs de voitures à l’arrêt, phares braqués sur les animaux, cris de joie à la vue de la première biche pointant le bout de son museau ou encore aboiements de chiens non tenus en laisse… Voila quelques raisons qui pourraient expliquer les difficultés croissantes à apercevoir ce magnifique spectacle qu’offre la nature.

Cette période de reproduction est un spectacle où les spectateurs doivent faire preuve d’humilité et de discrétion au risque de ne rien voir. Il ne s’agit pas d’interdire ou de réglementer l’observation de ce phénomène mais bien de respecter le milieu naturel que l’on s’apprête à épier.

Mais comme la nature a souvent le dernier mot, biches et cerfs ont trouvé d’autres lieux d’accouplement beaucoup plus calmes et bien plus difficiles d’accès. En fin de compte, les seuls pénalisés sont les badauds qui croyaient que cerfs et biches viendraient leur manger dans la main, comme au zoo. Heureusement ça n’est pas le cas, sinon cette période de reproduction n’aurait plus aucun charme, cela ne serait plus qu’une simple attraction « commerciale » de masse dénuée de toute authenticité.

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1 Messages

  • J’ajoute que rien ne les retient ici à Alleyras, et comme on peut s’en douter si les cervidés ne trouvent pas assez de tranquillité ils vont ailleurs et c’est ce qui se produit puisque la population, tu l’a constaté John the White puisque tu as assisté au comptage, décroît ici pour se répandre vers la Margeride et la zone Brioude Langeac. Tu parlais d’attrait touristique, la spécificité d’Alleyras fout le camp d’autant...


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