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Alleyras : les plages naviguent en eau trouble !

D 27 septembre 2012     H 20:29     A la rédaction     C 0 messages


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Tout commence le 24 juillet dernier, lorsqu’un arrêté municipal est affiché sur le site de baignade le plus populaire de la commune qui est situé au Pont d’Alleyras, au lieu-dit la Varenne. Cet arrêté municipal vise l’interdiction totale de baignade et prévoit des sanctions pour les contrevenants.

Au départ, les baigneurs, pour la plupart habitués des lieux, ne semblent pas affolés par cette mesure qui fait plus rire qu’effrayer. En effet, la plage de la Varenne est un lieu où des générations de nageurs ont appris à barboter. De plus, de manière objective, le site est accueillant, il présente un cadre magnifique alliant des bancs de sable pour les petits et le Rocher pour les plus âgés. La plage ombragée connaît une forte fréquentation entre le 15 juillet et le 15 août et de mémoire aucun incident n’est à recenser. Habitants de la commune et touristes venus du bassin Ponot, de la Margeride ou encore du Devès se pressent chaque été sur les rives de la Varenne pour trouver un peu de fraîcheur quand les températures explosent. Enfin, ce lieu est un fabuleux atout touristique qui attire et séduit.


Le fameux Rocher de la Varenne - 2010

La rivière Allier est en effet au cœur du dynamisme touristique de la commune : pêche, baignade, sports en eau vive, ballades. Le Village Vacances, les gîtes, les chambres d’hôtes, le camping, les commerces sont directement concernés par les retombées touristiques liées à la rivière.

Les choses prennent une toute autre tournure lorsque les forces de l’ordre (brigade de gendarmerie de Saugues) viennent une première fois au début du mois d’août pour faire de la prévention et rappeler l’interdiction formelle de baignade. Les baigneurs présents ce jour-là sortent de l’eau en toute hâte et désertent aussitôt la plage par peur de recevoir une contravention (11€). Malgré la volonté des gendarmes de ne verbaliser personne, la stupéfaction et la circonspection sont totales. Le bouche à oreille faisant effet, en quelques jours la colère se répand parmi bon nombre d’habitants. Certains d’entre eux s’organisent pour dénoncer ce qui est largement vécu comme une aberration et décident de faire circuler une pétition (250 signataires). La seconde visite des gendarmes, deux semaines plus tard, n’arrangera rien !

La vive réaction des contestataires semble être basée sur trois points :

- La sensation d’un recul constant des libertés et la présence toujours plus grande des réglementations même dans les lieux les plus préservés de France
- Le sentiment d’être dépossédé, sans justification objective, d’un lieu qui est cher aux Alleyrassois
- Enfin, le sentiment de gâchis touristique au regard de l’attractivité de cette plage bien au-delà des frontières de la commune


Vue des Tourettes - 2011

Mais rapidement, des interrogations remplacent la stupéfaction : pourquoi cet arrêté a-t-il été pris ?

Et non, il ne semblerait pas que la municipalité ait brusquement décidé, sans raison, le 24 juillet dernier, d’interdire la baignade. Si cet arrêté a été affiché pour la première fois en 2012 sur site de baignade, il n’en demeure pas moins que la municipalité prend des mesures similaires depuis 4 ans. Cet « arrêté type » d’interdiction de baignade est fortement recommandé par les Préfets aux Maires des communes traversées par au moins un cours d’eau. En effet, en cas de noyade, les familles de victimes peuvent se retourner contre le Maire et l’attaquer en justice pour n’avoir pris aucune mesure d’interdiction de baignade. Des cas de jurisprudence ont vu des Maires être condamnés pour non publication d’arrêté interdisant la baignade. La prudence est donc de mise.

Oui mais voilà, le problème reste aujourd’hui entier.

Une plage jusqu’alors lieu de rencontre et de loisir n’a-t-elle d’autre choix que d’être délaissée et abandonnée pour une simple réglementation ? Pouvons-nous nous permettre d’ignorer l’impact positif de la rivière sur l’économie locale ? N’avons-nous pas l’impression de nous « tirer une balle dans le pied » en démantelant un atout touristique majeur de notre commune ?

Prades et Monistrol-d’Allier ont fait le choix de préserver une dynamique touristique construite autour de l’Allier en créant des lieux de baignade surveillée. La municipalité d’Alleyras semble aujourd’hui s’intéresser de prêt à des solutions alternatives pour permettre la baignade. Mais cela représente un coût non négligeable pour une commune de taille moyenne. La création d’une baignade surveillée nécessite de :

- Faire de multiples mesures de la qualité de l’eau durant la saison (à charge de la commune)
- Sonder les fonds de la rivière avant chaque saison estivale (à charge de la commune)
- Embaucher un maître-nageur, le loger
- Installer une ligne téléphonique sur lieu de baignade
- Mettre à disposition du matériel de premier secours et une bouteille d’oxygène
- Mettre en place des sanitaires et entretenir la plage


Rocher de l’Aigle - 2011

Alors quel choix nous reste-t-il ?

Braver l’interdit et nous baigner en espérant que les gendarmes fermeront les yeux ? Nous retrancher à la Barque ou au Péchadouire à l’écart des regards ? Et après ?
La seule solution viable, à terme, semble être la mise en place d’une zone de baignade surveillée au lieu-dit la Varenne. Alors bien sûr, cela représente un investissement. Mais cela ne vaut-il pas le coup au regard de l’attrait touristique, des retombées générées et de l’affection portée au lieu ? Prades, commune de 60 âmes, aux ressources bien inférieures à celles d’Alleyras parvient, malgré des difficultés, à maintenir son lieu de baignade. Pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

Cela pose plus largement la question de la stratégie touristique que la commune souhaite développer. La plage ne devrait-elle pas être une priorité ?


Péchadouire - 2012

Le débat n’est pas simple, les arbitrages non plus. La municipalité semble concernée par ce problème et les villageois plus que motivés pour préserver un lieu qu’ils affectionnent particulièrement.

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